Physical Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124
Physical Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124

Quand le jardin devient silencieux, que les fleurs disparaissent et que les arbres semblent vides, on pense souvent que la vie s’endort. Et pourtant, c’est justement là, en plein hiver, que certains oiseaux fascinants arrivent discrètement près de chez vous. Si vous prenez le temps de regarder, de vraiment regarder, votre jardin peut se transformer en petite réserve naturelle.
En hiver, les oiseaux ont faim. La nature offre moins de graines, moins d’insectes, moins de baies. Alors ils s’approchent davantage des habitations, des parcs, des jardins.
Les feuilles étant tombées, les branches sont nues. Les oiseaux se voient mieux, leurs couleurs ressortent davantage sur le décor gris ou blanc. Vous les repérez plus facilement, même de votre fenêtre.
A cette saison, plusieurs espèces venues du nord de l’Europe descendent passer l’hiver chez nous. Elles fuient le froid intense et surtout le manque de nourriture. C’est une sorte de transhumance ailée, silencieuse mais massive. Et vous pouvez en être témoin simplement en levant les yeux.
Certaines espèces restent toute l’année. D’autres ne sont là que quelques mois. Voici quatre oiseaux d’hiver que vous avez de bonnes chances de voir, même en ville, si vous préparez bien votre jardin.
Le pinson du Nord passe l’été dans les forêts du nord de l’Europe. Quand le froid arrive, il descend vers la France et l’Europe de l’Ouest, où il reste généralement de l’automne jusqu’au printemps.
Vous pouvez le voir :
Son plumage est tacheté, avec des bandes blanches sur les ailes bien visibles en vol. Il se mêle souvent aux autres fringillidés (pinsons, verdiers, tarins) pour se nourrir. Si vous voyez un grand groupe d’oiseaux au sol ou dans un arbre, regardez bien, il s’y cache peut-être.
Le tarin des aulnes est un petit oiseau jaune et vert, très dynamique, qui bouge sans cesse et se nourrit souvent la tête en bas sur les branches. Il effectue une migration partielle. Certains restent, d’autres descendent vers des régions plus douces.
On l’aperçoit souvent :
Pour l’attirer, vous pouvez installer une mangeoire avec :
Placez ce mélange dans une mangeoire suspendue. Le tarin aime se percher et picorer en hauteur.
Quand tout est gris, l’apparition d’un bouvreuil pivoine a quelque chose de presque magique. Le mâle porte une poitrine rouge orangée intense et une tête noire. La femelle est plus discrète, beige rosé, mais tout aussi élégante.
En hiver, il devient plus visible, car il s’approche :
Le bouvreuil apprécie particulièrement :
C’est un oiseau calme, souvent en petit groupe ou en couple. Il se laisse observer longtemps si vous restez discret.
La grive mauvis est plus petite que nos grives locales. Elle vient aussi du nord de l’Europe et arrive chez nous en grand nombre en hiver, surtout dans le nord et l’est de la France.
Vous pouvez la voir :
Elle reste souvent plus longtemps sur nos territoires en hiver, tant qu’elle trouve de quoi se nourrir. Pensez à préserver les haies sauvages, les vieux sureaux, les aubépines. Leurs baies sont une vraie ressource pour elle.
Le mois de janvier est souvent un moment clé. Les migrateurs arrivés à l’automne sont encore là. Et en même temps, la nourriture naturelle commence vraiment à manquer dans la campagne.
Pour optimiser vos chances :
Installez-vous derrière une fenêtre, ou dans un coin du jardin. Restez immobile quelques minutes. Au début, tout paraît vide. Puis, petit à petit, un pinson arrive, puis un tarin, puis un rougegorge. La scène se met en place.
Observer, c’est bien. Aider en même temps, c’est encore mieux. En hiver, un petit coup de pouce peut faire la différence pour de nombreux individus affaiblis.
Choisissez un endroit :
Vous pouvez préparer un mélange de base simple :
Mélangez le tout et remplissez vos mangeoires chaque matin. Mieux vaut mettre de petites quantités, mais régulièrement, que trop d’un coup.
On y pense moins, mais l’eau est aussi essentielle que la nourriture. En hiver, beaucoup de flaques et de mares gèlent. Les oiseaux ont alors du mal à trouver de quoi boire ou se baigner.
Vous pouvez :
Évitez de mettre du sel ou de l’alcool pour empêcher le gel. Ce serait dangereux pour les oiseaux.
Par souci de bien faire, on donne parfois ce que l’on a sous la main. Pourtant, certains aliments sont à proscrire :
Concentrez-vous sur les graines, quelques fruits (pomme coupée en deux pour les merles et grives) et, éventuellement, des boules de graisse sans filet, pour éviter que les oiseaux ne s’y accrochent les pattes.
Vos observations ne sont pas seulement un plaisir personnel. Elles peuvent aussi servir à mieux comprendre l’évolution des populations d’oiseaux.
En France, plusieurs opérations de comptage des oiseaux des jardins sont organisées chaque année. On vous propose généralement :
C’est simple, accessible à tous, et c’est aussi une excellente activité à faire avec des enfants. D’un coup, le jardin devient un terrain d’enquête. On apprend à reconnaître les espèces, à comparer d’une année sur l’autre. Et on contribue à la connaissance scientifique depuis chez soi.
Un jardin d’hiver peut sembler vide au premier regard. Pourtant, dès que l’on installe quelques graines, un peu d’eau, et que l’on prend le temps de regarder, une vraie petite communauté d’oiseaux apparaît.
Pinson du Nord, tarin des aulnes, bouvreuil pivoine, grive mauvis. Ils ne sont là que pour quelques mois. Alors, pourquoi ne pas profiter de cette saison pour transformer votre fenêtre en poste d’observation, prendre quelques notes, peut-être un carnet, et découvrir qui vient vraiment vous rendre visite quand tout le reste semble endormi ?