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L’hiver approche, le jardin se fige, et ce joli rouge-gorge qui venait vous tenir compagnie semble avoir disparu. Pourtant, vous remplissez vos mangeoires de graines. Alors pourquoi ne vient-il pas manger chez vous ? La réponse tient en un mot : menu. Ce petit oiseau n’a pas du tout les mêmes goûts qu’une mésange ou un moineau.
Le rouge-gorge est avant tout un insectivore. En temps normal, il fouille le sol, les feuilles mortes, la mousse. Il cherche des vers, des larves, de petits insectes. En hiver, tout cela se fait rare. Le sol gèle, les proies se cachent. Il doit donc changer un peu d’alimentation pour survivre.
Le problème, c’est que beaucoup de passionnés lui proposent surtout des graines dans des silos suspendus. Or, ce n’est pas son truc. Il préfère manger au sol ou sur un plateau bas. Il se sent plus en sécurité s’il peut sauter, observer, filer se cacher dans un buisson en une seconde.
Résultat, vous pouvez avoir une mangeoire pleine à craquer… et un rouge-gorge qui vous ignore. Il ne comprend tout simplement pas que c’est pour lui.
Pour aider un rouge-gorge en hiver, l’idée n’est pas de le gaver, mais de lui offrir un petit buffet varié. Quelques bouchées, faciles à trouver, faciles à digérer, bien placées. Mieux vaut donner peu, mais tous les jours, plutôt qu’un énorme tas qui attirera les nuisibles ou pourrira dans un coin.
Installez un plateau large, posé au sol ou légèrement surélevé (10 à 30 cm environ). Placez-le près d’un arbuste ou d’un massif, pour qu’il puisse s’y abriter. Répartissez la nourriture en petites zones. Le rouge-gorge est souvent solitaire et assez territorial, il aime contrôler son environnement.
Dans votre cuisine, vous avez probablement déjà une bonne partie de ce dont un rouge-gorge a besoin pour passer l’hiver. Voici six catégories d’aliments que les amateurs d’oiseaux oublient souvent, alors qu’elles sont précieuses pour lui.
Si vous achetez des aliments pour oiseaux, choisissez des mélanges pour rouges-gorges ou “insectivores”. Ils contiennent souvent des petits morceaux de ver, des granulés de protéines, des miettes de fruits.
Pour un plateau de nourrissage, vous pouvez par exemple déposer :
Évitez les mélanges très gras pour pigeons ou les graines de tournesol entières en grande quantité. Il en picorera peut-être un peu, mais ce n’est pas ce qui l’aide le mieux sur la durée.
C’est surprenant, mais oui : un reste de viande nature peut vraiment aider un rouge-gorge en hiver. Il y trouve des protéines proches de ce qu’il obtient avec les insectes.
Vous pouvez lui offrir, en petites quantités :
Coupez la viande en minuscules morceaux, de la taille d’un petit grain de riz. Éparpillez-les sur le plateau. Ne laissez pas ces restes plus d’une journée. Retirez-les plus tôt s’il fait doux, pour éviter les bactéries.
Un fromage peu salé peut fournir des protéines et des graisses utiles. Il ne doit pas devenir la base de son alimentation, mais un complément ponctuel est appréciable quand il fait très froid.
Privilégiez :
Râpez ou émiettez finement environ 1 cuillère à soupe (10 g) de fromage. Mélangez-le à d’autres aliments sur le plateau. Là encore, pas de fromage moisi, pas de bleu très fort, et pas de croûtes sales.
Votre rouge-gorge ne doit pas devenir adepte de la pâtisserie, mais quelques miettes de gâteau sec peuvent lui apporter de l’énergie rapide. À condition qu’elles soient simples et peu sucrées.
Vous pouvez utiliser :
Évitez absolument les glaçages, crèmes, nappages, et tout ce qui contient du chocolat ou trop de sucre. Le but n’est pas de lui offrir un dessert de fête, mais un petit coup de pouce calorique.
Les fruits secs sont de vrais concentrés d’énergie. Ils rappellent les baies qu’il trouve parfois encore dans les haies. Les raisins secs sont souvent les plus pratiques.
Avant de les distribuer, pensez à :
Vous pouvez aussi proposer, en très petites quantités, d’autres fruits secs non salés et non sucrés (abricots secs finement découpés, par exemple). Pas de mélanges apéritifs, pas de sucre ajouté.
Les cacahuètes sont riches en lipides. En hiver, ces graisses sont vitales pour tenir la nuit. Mais elles doivent être choisies avec soin.
Choisissez des cacahuètes :
Hachez finement 1 cuillère à soupe (10 g) de cacahuètes. Écrasez-les légèrement pour éviter tout gros morceau qui pourrait se coincer. Mélangez-les au reste de la nourriture. Le rouge-gorge picorera ce dont il a besoin.
En plus de ces six familles d’aliments, certains compléments sont presque indispensables pour un bon menu d’hiver pour rouges-gorges.
Variez un peu chaque jour. Comme cela, il trouve de quoi se nourrir sans s’habituer à un seul aliment.
Le lieu compte autant que ce que vous servez. Un rouge-gorge stressé mangera vite, mal, ou pas du tout. Pour le rassurer, placez la nourriture :
Si des chats rôdent, évitez de mettre la nourriture dans un coin fermé ou au pied d’un buisson dense. Laissez un peu d’espace autour pour qu’il voie venir le danger. Nettoyez régulièrement le plateau, en retirant les restes collants ou mouillés.
Certaines choses que nous adorons sont très mauvaises pour les oiseaux. Même si le rouge-gorge semble intéressé, ne lui proposez jamais :
Ces aliments peuvent dérégler son système digestif, voire être toxiques. Ils remplissent son estomac, mais ne lui apportent pas ce dont il a vraiment besoin. En restant sur des aliments simples, proches de la nature, vous le protégez.
On y pense peu, mais en hiver, trouver de l’eau non gelée devient difficile. Une simple coupelle d’eau tiède, peu profonde, peut sauver plus d’un oiseau. Elle lui sert à boire, parfois à se nettoyer rapidement.
Placez une soucoupe large, avec 1 à 2 cm d’eau, près de la zone de nourrissage. Renouvelez-la chaque jour, et plus souvent s’il gèle. Si vous le pouvez, un petit bain d’oiseaux chauffant est un vrai plus pour tout le jardin.
En ajustant quelques gestes, votre extérieur peut devenir un véritable refuge pour rouges-gorges. Un plateau bas, un buffet varié mais simple, un coin d’eau, un peu de discrétion, et ce petit oiseau roux reviendra sans doute vous saluer.
Observez-le. Il approche, se pose sur une branche, incline la tête. Il repère la nourriture, saute sur le plateau, picore un ver, un morceau de cacahuète, une miette de gâteau sec. À chaque bouchée, il gagne une chance de plus de traverser l’hiver. Et vous, vous gagnez un visiteur fidèle, jour après jour.