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Vous marchez en ville, le nez dans vos pensées… et soudain, un petit rapace plane au-dessus des toits, immobile dans le vent. Non, ce n’est pas une illusion. Le faucon crécerelle s’installe de plus en plus près de chez vous, loin des seules campagnes, et offre aux citadins un vrai spectacle de nature en direct.
Le faucon crécerelle n’est pas un grand aigle, et pourtant, il en impose. Il mesure environ 30 à 35 cm de long pour une envergure proche de 65 à 75 cm. Sa silhouette fine, ses ailes pointues et sa longue queue lui donnent un air élancé, presque élégant.
Le mâle et la femelle ne se ressemblent pas tout à fait. Le mâle porte une tête gris-bleu, un dos brun roux tacheté de noir et une queue grise terminée par une large bande noire. La femelle, elle, est plutôt uniformément brun roux, avec des stries sombres, un plumage plus discret. Mais tous deux ont ce regard vif, perçant, typique des rapaces.
Son autre signature, c’est sa voix. Un cri aigu, répété, que l’on décrit souvent comme un « kikiki ». Souvent, on l’entend avant même de réussir à le repérer dans le ciel. Si vous entendez ce son au-dessus des toits, prenez une seconde pour lever les yeux.
Ce qui rend le faucon crécerelle si fascinant, c’est sa manière de chasser. Il pratique le vol stationnaire. Il bat rapidement des ailes face au vent, reste presque sur place dans les airs et scrute le sol en dessous. On a l’impression qu’il “flotte” dans le ciel, comme un petit hélicoptère naturel.
Grâce à sa vue extrêmement fine, il repère les plus petits mouvements. Un campagnol qui traverse une bande d’herbe. Une souris qui file le long d’un talus. Quand la cible est repérée, il se laisse tomber en piqué, ailes repliées, pour attraper sa proie avec ses serres puissantes. Tout va très vite. Un instant, il flotte. L’instant d’après, il a disparu vers le sol.
Dans l’assiette du faucon crécerelle, on trouve surtout des petits mammifères. Les rongeurs comme les campagnols, les souris, parfois des mulots, peuvent représenter jusqu’à 70 à 80 % de son régime alimentaire selon les milieux.
Quand ces proies se font plus rares, il complète son menu avec des insectes (gros coléoptères, criquets), de petits oiseaux ou quelques lézards. Il s’adapte à ce que le milieu lui offre, ce qui explique qu’il supporte assez bien la vie près des humains.
Et pour vous, qu’est-ce que cela change ? Dans un jardin, un parc ou en zone agricole, ce rapace limite naturellement les populations de rongeurs considérés comme nuisibles. Moins de souris et de campagnols, c’est moins de dégâts au potager, dans les cultures ou même éventuellement dans certains bâtiments. En ville aussi, son rôle de régulateur existe, même si l’on le remarque moins.
Longtemps, on associait ce rapace aux grandes campagnes, aux prairies et aux champs céréaliers. Pourtant, depuis plusieurs années, on le voit de plus en plus souvent au-dessus des quartiers urbains. Il n’abandonne pas la campagne, il élargit simplement son territoire.
Les villes lui offrent en effet plusieurs avantages. Il y trouve :
Résultat : dans certaines grandes villes françaises, comme Paris ou Lyon, plusieurs dizaines de couples nichent désormais chaque année. À Paris par exemple, on a recensé un peu moins de 30 couples nicheurs. Pour un oiseau autrefois considéré comme surtout rural, c’est un vrai changement.
Que vous habitiez en ville ou à la campagne, vos chances d’apercevoir un faucon crécerelle sont aujourd’hui bien réelles. Il suffit de savoir où regarder, et à quels moments de la journée.
En milieu rural, il apprécie surtout :
En ville, il choisit souvent :
Pour le voir, privilégiez la fin de matinée et le début de soirée, quand les courants d’air sont favorables et qu’il chasse plus activement. En balade en Camargue, sur les grands plateaux comme les Causses, ou le long des falaises normandes, il est très présent. Mais ne sous-estimez pas non plus votre propre quartier. Un simple lampadaire ou l’angle d’un toit peut lui servir de poste d’observation.
Vous avez vu un petit rapace en ville et vous hésitez entre faucon, buse ou autre espèce ? Quelques détails peuvent vous aider à trancher rapidement.
En ville, vous le verrez parfois partir d’un clocher, se lancer dans le vide, se mettre face au vent et rester presque fixe au-dessus d’une pelouse, d’un terrain vague ou d’une voie ferrée. Cette attitude, vous la repérerez vite une fois que vous l’aurez vue une première fois.
Si vous avez la chance d’avoir un faucon crécerelle près de chez vous, vous pouvez l’aider sans bouleverser votre quotidien. Le plus important reste de le laisser tranquille, surtout en période de nidification au printemps et en début d’été.
Voici quelques attitudes utiles :
Observer cet oiseau ne demande qu’un peu d’attention. Une paire de jumelles, quelques minutes de pause, et la patience de lever les yeux. Et soudain, au-dessus de l’agitation urbaine, un petit rapace brun et gris reste suspendu dans le vent, concentré sur sa chasse. Un rappel discret, mais puissant, que la nature n’est jamais vraiment loin, même au cœur des villes.
J’aimerais retrouver la recette des tartelettes au fromage et allumettes fumées.
Merci