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Il y a des desserts qui font instantanément penser aux dimanches chez les grands-parents. Le far breton de grand-mère au beurre salé fait partie de ceux-là. Une odeur de lait chaud, une croûte dorée, un cœur fondant, presque comme un flan. Et derrière cette apparente simplicité, il y a en réalité un vrai jeu de chaleur, de timing et de gestes précis.
En Bretagne, le far nature au beurre salé, sans pruneaux ni pommes, est presque une tradition familiale. Pas besoin de garniture sophistiquée. Ce dessert repose sur quatre piliers très basiques : des œufs, du lait entier, de la farine, du sucre. Et un bon beurre salé qui parfume toute la maison.
À la sortie du four, le far est gonflé, avec des bords bien caramélisés. Puis il redescend doucement, se tasse un peu, et devient plus dense, tout en restant moelleux. C’est normal. C’est même ce qui fait tout son charme, entre flan, clafoutis et gâteau de lait.
On le pose au milieu de la table, on découpe de grandes parts. Pas de décoration, pas de nappage. Juste le goût du lait, des œufs et du beurre salé. Ce genre de dessert qui ne paie pas de mine, mais que tout le monde finit par réclamer à chaque repas de famille.
Pour un grand plat rectangulaire d’environ 30 × 20 cm (6 à 8 personnes) :
Le lait entier donne une texture plus onctueuse et plus généreuse. Si vous utilisez du demi-écrémé, le far sera bon, mais un peu moins crémeux. Pour le beurre, un beurre salé breton ou un beurre demi-sel avec cristaux, c’est l’idéal. Les petits grains de sel apportent un contraste discret mais délicieux.
Le secret du far vraiment fondant ne tient pas seulement à la liste des ingrédients. Il repose sur un geste précis : verser une pâte froide dans un plat brûlant nappé de beurre. Ce choc thermique donne cette croûte dorée tout autour, avec un intérieur très tendre.
D’abord, préchauffez votre four à 230°C, de préférence en chaleur traditionnelle. Prenez vos 70 à 80 g de beurre salé (50 g pour la pâte, 20 à 30 g pour le plat). Coupez-les en morceaux et déposez-les directement dans un grand plat à gratin de 30 × 20 cm.
Glissez le plat au four pendant quelques minutes. Surveillez : le beurre doit fondre, mousser légèrement, puis commencer à prendre une teinte noisette. Dès que l’odeur rappelle la noisette et la brioche, sortez le plat. S’il noircit, il sera amer. L’odeur est votre meilleure alerte.
Pendant que le beurre chauffe, préparez la pâte. Dans un grand saladier, versez 200 g de farine, 200 g de sucre et les 2 sachets de sucre vanillé. Mélangez à la cuillère ou au fouet pour bien répartir le sucre dans la farine.
Ajoutez ensuite les 4 œufs, un par un. Fouettez entre chaque ajout pour obtenir une pâte épaisse mais homogène. Puis versez les 50 cl de lait entier en deux fois. Mélangez sans arrêt pour éviter les grumeaux. La texture doit rappeler une pâte à crêpes assez épaisse.
S’il reste encore quelques grumeaux, pas de panique. Donnez un bon coup de fouet plus énergique, ou passez la pâte au chinois. Le far sera alors très lisse, presque soyeux en bouche.
Quand le beurre est bien chaud, sortez le plat du four avec précaution. Inclinez-le doucement pour que le beurre fondu recouvre bien le fond et remonte sur les bords. Le but est de bien enrober le plat.
Versez ensuite la pâte froide immédiatement dans ce plat très chaud. Vous verrez le beurre remonter sur les côtés et par endroits à la surface. C’est exactement ce que l’on recherche. En cuisant, il va former une fine croûte caramélisée tout autour, avec un cœur moelleux et fondant.
Réduisez la température du four à 210°C. Placez votre plat sur la grille au milieu du four. Laissez cuire environ 30 à 35 minutes, selon la puissance de votre four.
Le far est prêt quand il est gonflé, avec des bords bien dorés, presque bruns, et un centre encore légèrement tremblotant quand vous bougez le plat. Ne le faites pas trop cuire. Il se raffermira en refroidissant. Si le dessus brunit trop vite, couvrez simplement le plat avec une feuille de papier cuisson en fin de cuisson.
Vous pouvez le déguster tiède ou froid. Tiède, il est encore un peu crémeux, presque comme une crème aux œufs. Froid, il se tient mieux. Il devient dense, régulier, et se découpe en beaux carrés bien nets.
Coupez-le en gros carrés rustiques ou en rectangles, comme un gâteau de goûter. Servez-le avec un verre de cidre brut bien frais, ou un thé léger. Pour une version encore plus gourmande, ajoutez une cuillerée de crème fraîche épaisse ou quelques lamelles de pommes rapidement poêlées au beurre.
Ce far se conserve sans problème 2 à 3 jours au réfrigérateur. La texture devient plus ferme, presque comme une crème prise. Pour retrouver un peu de moelleux, vous pouvez le réchauffer doucement, 5 à 10 minutes à 120°C.
Et puis il y a tout ce que la recette ne dit pas. Le plat un peu ébréché que l’on ressort à chaque fois. L’odeur qui remplit la maison et rappelle les vacances en Bretagne. Le bruit du couteau qui se pose sur le bord du plat. Toutes ces petites choses transforment un simple mélange de lait, d’œufs et de farine en véritable dessert de mémoire.
Ce far breton de grand-mère au beurre salé est un dessert humble, sans décoration, sans crème fouettée. Pourtant, il reste gravé longtemps. Il ne coûte pas cher. Il ne demande aucun matériel compliqué. Et il plaît aussi bien aux enfants qu’aux adultes.
Une fois que vous aurez essayé cette version fondante, avec son plat brûlant et son beurre doré, vous aurez probablement envie de la refaire encore et encore. Pour les goûters du mercredi, les repas du dimanche, ou juste pour retrouver ce goût de Bretagne dans votre cuisine, dès la première bouchée.